Acteurs RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) : joies, peines et espoirs

Sans promettre de solution magique, cet article ouvre sur la réalité vécue par les personnes engagées dans la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) au sein de leur entreprise. La joie de leur engagement, la peine des désillusions, du sentiment d’impuissance parfois. Et puis propose l’espoir d’un impact véritable, d’une communauté de soutien, de se sentir grandir et s’épanouir. Un atelier le 15 novembre est ouvert sur ce sujet à toutes les personnes engagées dans la RSE dans leur entreprise, inscription en bas de l’article.

(article en co-écriture à 5 mains, 5 cœurs et 5 esprits: @graciela naveda, @françois prothais, @antoine baron, @miloud hazam, @michel oulerich).

Soutenir l’engagement

RSE, Responsabilité Sociale ou Sociétale des Entreprises : de quoi est-il question au fond ? Que voulons-nous créer ? Est-ce juste pour moi et pour tous ?

Imaginons…

Je suis un acteur engagé dans la RSE dans une entreprise et je crois profondément à l’importance de ma mission d’autant plus qu’elle est alignée avec mes valeurs, qui se retrouveraient peut-être résumées dans cette expression : « le respect de notre habitat et toute vie sur notre planète terre pour assurer notre existence et celle de nos enfants ».

Porté par cette intention, je m’interroge : quel sens prend cet acronyme « RSE » dans mon entreprise ? Suis-je bien aligné avec les intentions de mon entreprise ?

Je parcours l’intranet…

La RSE (Responsabilité Sociale ou Sociétale de l’Entreprise) vise à “contribuer à un monde plus sain et résilient”, à “aider les populations les plus défavorisées”, à répondre à des besoins non satisfaits (en matière de santé par exemple), à “préserver l’environnement”, à “donner accès au plus grand nombre (à des produits ou solutions)”, à promouvoir “inclusion et diversité”…en bref une stratégie RSE vise à ce que l’entreprise ait par principe un impact le plus positif possible sur la société dont elle fait partie. En prenant en compte au moins 3 piliers : économique, environnemental et sociétal. Jusqu’ici tout va bien, je me retrouve dans ces intentions, mon engagement est pertinent et je me sens utile.

… cependant la réalité de l’organisation dans laquelle je travaille m’amène aussi à ressentir doutes et découragement, pour diverses raisons :

  • Ce sentiment d’être « à côté », une fonction annexe, isolée, parfois rattachée à la communication, alors que la RSE doit irriguer l’ensemble du business, de la stratégie au fonctionnement opérationnel, pour être à la hauteur des enjeux.
  •  Je constate la faiblesse des moyens au regard des enjeux : difficultés à mobiliser les dirigeants et managers sur ces enjeux. La RSE est souvent perçue comme opposée à la performance(« ça coûte trop cher »), au lieu d’en faire une finalité de toute l’entreprise, la profitabilité n’étant qu’un moyen d’y parvenir.
  •  Lorsque je mesure l’écart entre l’objectif général affiché (par exemple : être Net Zéro Carbone dans 20 ans) et la réalité des actions engagées,ouvoisune stratégie fondée sur une croissance perpétuelle, qui s’adosse parfois à des innovations technologiques aux impacts questionnables (comme l’IA, le big data, sans parler du métavers…),  je peux douter de la sincérité de l’engagement ou des impacts positifs réels de l’entreprise sur la société et le monde, faisant écho aux accusations de “social ou greenwashing », à tort ou à raison…

En regardant au dehors, dans le monde autour de moi, je ressens également que mes doutes mais aussi l’espoir de changer la portée de mon action seraient partagés plus largement par une communauté engagée, je vois :

  • La création de classements des entreprises et labels RSE (voir cet article) l’enjeu de réputation et les retombées financières associées (les agences de notation y font attention).
  • Les entreprises sont très attentives à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, c’est très bien, mais se concentrent surtout sur le CO2, et ne tiennent pas toujours compte d’autres GES à fort pouvoir réchauffant (comme les gaz de réfrigération, le méthane ou d’autres)
  • Le respect des accords de Paris, des objectifs de réduction d’émissions de GES, la durabilité des actifs dans le nouveau régime climatique, l’impact sur les écosystèmes… tout cela n’est pas encore pris en compte dans la comptabilité des entreprises, les normes comptables sont en évolution… (voir cet article).
  • Réduire les émissions de CO2 c’est bien pour le climat mais que faisons-nous pour prendre soin des autres êtres vivants, de notre habitat naturel et des autres cycles naturels dont dépendent notre existence et notre futur en tant qu’espèce ? Comme le disait Aurélien Barreau à l’université d’été du MEDEF de cette année : « …tant que nous appellerons croissance le fait de raser un espace naturel gorgé de vie pour le remplacer par une plateforme commerciale, fût-elle neutre en carbone, nous n’aurons pas commencer à réfléchir sérieusement… ». (voir la vidéo)
  • « Dans la réalité, la RSE est assumée par des collaborateurs (et, parfois, des dirigeants) engagés, voire militants » (voir cet article de PY Gomez)

Pourtant, je reste engagé, j’ai fait tout un chemin personnel, avec des prises de conscience fortes, une sensibilité à certains maux du monde, des prises de positions et un repositionnement professionnel. La possibilité de m’aligner et de contribuer à quelque chose d’essentiel à mes yeux m’a donné beaucoup d’énergie, d’enthousiasme, porté par mes espoirs et rêves. 

Je me questionne…

A quoi suis-je utile au fond, quel est mon impact réel sur le monde, comment pourrais-je l’augmenter, si ce n’est en quantité au moins en qualité ?

Si je doute moi-même de ma force, comment puis-je agir avec impact, comment retrouver mon potentiel de création et d’action ? Le « sauveteur » pourrait -il se retrouver en détresse lui aussi ? Qui prend soin de ceux qui tentent d’éteindre le feu ?

La question au fond serait-elle tout simplement de savoir ce qui me guide dans mes actions et mes décisions au quotidien pour avoir le plus d’impact positif sur le monde ? Comment me repérer et me ressourcer, retrouver un potentiel de créer des situations et des opportunités nouvelles et de l’impact positif pour moi, autour de moi, au-delà de moi-même ?

Quelle est cette voie différente, ce “moyen habile” de transformer l’intention en action avec de l’impact de qualité ? Parlons-en…     

Imaginons…

Je ressens d’abord que ma plus forte source d’impact est dans mes savoir-être*. Ma conscience des enjeux m’a amené à lancer plein d’actions, bien utiles par ailleurs, mais je réalise que je mets en mouvement les autres, que je crée des déclics, que je leur donne envie d’agir quand je suis pleinement aligné et quand je déploie tout mon potentiel. 

(* savoir-être défini ici comme l’ensemble des dispositions, attitudes, convictions, états émotionnel, intelligence(s) et états de conscience)

C’est en accédant à mon plein potentiel que je peux toucher mes collègues. En nous reliant à notre sensibilité d’être humain, en mobilisant notre potentiel de créativité et de réalisation, nous pouvons bâtir une vision partagée alliant court terme et long terme. Expérimenter et sentir ce plein potentiel nous donne ou redonne à moi et aux autres, de la confiance pour avancer dans notre transformation.

Je prends conscience que toutes les « normes extérieures » fixées ont certes l’avantage de donner des repères, mais conduisent intrinsèquement à de la non-qualité car elles visent souvent à une qualité basse (par exemple : traiter les troubles musculosquelettiques) alors que j’aspire à la qualité la plus haute possible (par exemple : le travail ne dégrade pas la santé).

Je me repère par rapport à prendre soin des besoins fondamentaux des êtres humains : santé, sécurité, respect, inclusion, équilibre et bien-être, accès à la connaissance, réalisation de soi.

En quelques mots, imaginons que les impacts les plus importants qui créent le plus de qualité globale viennent d’abord d’un changement de nos « savoir-être », et d’un “repositionnement” sur des repères intérieurs liés aux besoins fondamentaux. Il s’agirait alors non pas “de Faire plus ou mieux” mais d’abord « d’Être mieux”.

Ce chemin, ce « moyen habile » est celui du leadership éthique

Acteurs RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) : joies, peines et espoirs

Très bien, intéressant, cela m’aiderait à répondre à mes interrogations, mais comment mettre cela en œuvre pratiquement ? 

Imaginons que je mène une réflexion personnelle en groupe avec d’autres acteurs RSE très engagés, venant d’autres organisations. Quel bonheur de me sentir accompagné dans ma recherche, de m’ouvrir à une richesse d’expériences et de vécus, qui me donne une force incroyable pour grandir et agir ! Quelle bouffée d’air hors de mon cadre qui me permet d’y revenir avec un autre regard, une nouvelle énergie !

Oser voir, sans se juger et décider de changer de savoir-être pour changer les savoir-faire, créer de la qualité pour moi, prendre soin de mes besoins fondamentaux, va créer des impacts positifs, de la qualité au-delà de moi, des situations nouvelles, des opportunités nouvelles.

Je peux accompagner les gens qui prennent des décisions peu qualitatives, qui créent peu de qualité. Faire évoluer l’organisation pour qu’elle crée, par ses décisions et actions, le plus d’impact, d’effet positif possible, le plus de qualité et prendre soin des besoins fondamentaux dans tous les aspects de notre vie.

Je peux m’appuyer sur une communauté, « Circle for Future », pour grandir et agir, passer de l’intention à l’action, pour créer par principe le plus de qualité, juste pour moi et pour tous, en me guidant sur les 7 besoins fondamentaux, oser et voir grand et trouver de l’énergie.

Intéressé par cette approche de le RSE ?

venez rencontrer d’autres acteurs RSE comme vous pour partager vos joies, peines et espoirs, en parler et vivre en vrai l’expérience du leadership éthique dans Circle for Future le 15 novembre de 16h à 19h